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Croire en ses rêves – Épisode 10 – Eric Forey

Pour le 10ème épisode de ma série d’interviews « Croire en ses rêves », j’ai le plaisir de publier aujourd’hui les réponses d’Eric FOREY qui a accepté de se prêter au jeu !  Un grand merci à toi, Éric !
Je lui laisse donc la parole !

 

Bonjour Eric, Pour ceux qui auraient passé cette dernière décennie sur une autre planète, pourrais-tu te présenter en quelques lignes, et dire ce qui t’a amené à la photo ?

Bonjour Joëlle. Alors je suis un photographe spécialisé en photographie urbaine, ce qui peut se définir comme toutes les pratiques photographiques qui peuvent se pratiquer en ville ou en étant réducteur le regroupement de la photo d’architecture et de la street photo.

Mon père m’a offert mon premier reflex à l’âge de 10 ans et j’ai tout de suite eu envie de l’utiliser dans mon milieu naturel qui était déjà la ville. Je n’ai depuis quasiment jamais cessé de photographier. Mon sujet principal ne variant pas (même si je ne m’interdis pas d’autres domaines photographiques mais que je publie beaucoup moins).

Je suis devenu professionnel il y a une dizaine d’années pour pouvoir répondre aux demandes en termes de formation à assurer ou de commandes ou ventes de tirages.

Tu es déjà l’auteur de différents ouvrages, dont j’ai souvent parlé sur les réseaux sociaux. Quel est pour toi l’obstacle le plus difficile à surmonter dans l’écriture d’un bouquin comme ceux que tu proposes?

La première difficulté est de débuter. Trouver par quel bout prendre le sujet, trouver une logique à la structure du livre.

Ensuite, essayer de rester simple et compréhensible par tout le monde. Comme toute activité on peut avoir tendance à jargonner et oublier la vraie signification des mots mais surtout oublier que tout le monde ne comprends pas. Il faut donc rester simple sans être simpliste, et essayer de traduire de manière concrète certaines choses instinctives. Cela oblige donc à décortiquer ce que je fais habituellement sans y réfléchir.

Ce qui peut également être déstabilisant dans ma pratique photographique, car à parfois trop réfléchir, je peux en oublier mon simple ressenti instinctif face à certaines situations.

Cette ITW s’inscrit dans une série d’ITW intitulée « Croire en ses rêves ». Mon but était (et reste) de lutter un peu contre la morosité ambiante, pour rappeler que la passion qui nous rassemble est aussi une source d’inspiration quotidienne. Ma question suivante est donc : qu’est-ce que la photo a apporté à ta façon de vivre pour l’améliorer ? De quoi ne pourrais-tu plus te passer lorsqu’il est question de photographie ?

La photo m’a appris à regarder différemment ce qui m’entoure, à prêter attention à des choses que personne ou presque ne remarque, à ressentir de l’émotion devant des bâtiments a priori basiques, à prendre du plaisir à être dans un environnement habituellement rejeté, à recréer un monde plus large que celui qui nous est présenté en milieu urbain.

Je ne pourrais plus me passer d’attendre les lumières, celles qui transforment radicalement les plus insignifiants sujets en leur donnant une majesté inimaginable, et que seule la photo permet de capturer tellement elles sont parfois fugaces.

J’aurais aussi du mal à me passer des rencontres générées par la photographie que ce soit à l’occasion d’expositions, de festivals ou du Salon de la Photo par exemple. Sans la photo aurais-je eu la possibilité de rencontrer une avocate/écrivain/photographe basco-belge ? (NDLR : J’y aurais perdu aussi !! Merci la Photo !)

Et j’en viens à présent à la question centrale de notre échange : quel serait, dans ta pratique de la photo, LE rêve que tu aimerais réaliser ? Qu’est-ce qui t’en empêcherait ? Qu’espérerais-tu en retirer ?

Alors ce rêve est bien présent et est d’ailleurs l’objet d’une série photo qui s’appelle « Ich Bin ein Berliner ».

Ce rêve est de photographier Berlin sans limite de temps.

Berlin est une ville qui me fait fantasmer photographiquement depuis des années et des années, avant même la chute du mur, une ville qui m’attire sans véritablement de raison objective et compréhensible. Elle m’attire tellement que je l’ai totalement fantasmée dans cette série où je représente l’image que je me fais, ex nihilo, de Berlin. Le souci c’est que maintenant, je dois avouer avoir un peu peur de la découvrir en vrai et de mettre à mal mes fantasmes.

Pour un rêve plus simple et moins intellectualisé, lâche-moi une semaine à Brasilia… Une ville totalement conçue par l’un des architectes qui me bouleverse le plus. J’aimerais m’y confronter et voir si je réussirais à m’extraire de toutes les photos que j’ai vues de cet endroit.

Si tu devais, aujourd’hui, expliquer à un enfant de 10 ans, avec des mots qu’il puisse comprendre, ce qu’apporte la photographie et la raison pour laquelle il pourrait s’y intéresser, comment formulerais-tu ta réponse ?

La photographie permet de s’exprimer avec un autre moyen que les mots, quoi que l’on ait à dire. La technique de base est suffisamment simple pour commencer à obtenir des résultats rapidement.
La photo permet de vivre le monde plus intensément.

© Eric FOREY – Décembre 2017

Le site Web d’Éric : http://ericforey.com/
Facebook : https://www.facebook.com/ef.kalaphoto/
Instagram : https://www.instagram.com/ericforey_kala/

Pour découvrir aussi ses ouvrages :

. Le dernier en date, paru chez Eyrolles (NDLR : je viendrai vous en parler prochainement, je suis en train de le lire) :

 

 

 

 

 

 

 

 

. L’ouvrage précédent, aux Ed. KnowWare :

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