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« Croire en ses rêves » – Épisode 9 – Olivier DIGOIT

Pour le 9ème épisode de cette série d’interviews, j’ai le plaisir de vous présenter Olivier DIGOIT. Aussi bavard que moi quand il s’agit de photo, nous avons souvent échangé puisque nous sommes voisins ou presque. Mais il s’est moins souvent prêté au jeu de l’interview, et je le remercie donc de tout coeur d’avoir accepté.

D’autant que, comme vous allez le voir, son parcours est pour le moins passionnant !

1) Bonjour Olivier. Pourrais-tu te présenter brièvement et expliquer comment tu es arrivé à la photographie ?

Bonjour Joëlle
Je suis photographe depuis 18 ans et installé au Pays Basque depuis maintenant plus de 10 ans. Mon associée, Marion Kerno et moi avons créé en 2010 l’Agence Albatros qui regroupe nos travaux respectifs et gère les sites : Albatros Collection (vente de posters pour la décoration) et Agence Muséo (reproductions d’oeuvres d’arts pour les Musées). Aujourd’hui mon activité s’articule principalement autour de la photo de paysages pour la décoration et d’architecture pour la publicité, la communication et la presse (NDLR : voir liens au bas de l’article).

C’est mon associée – qui est aussi ma meilleure amie – qui m’a transmis le virus il y a plus de 25 ans maintenant. Étant biologiste à la base, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers la photographie animalière et la macrophotographie en particulier. Mon passage d’amateur à professionnel s’est fait un petit peu par hasard.

Alors que je finissais une mission en tant que biologiste, j’ai rencontré Daniel Mille (photographe à Monaco) lors d’une réunion de l’UPP à Marseille. Nous avons très vite sympathisé et il m’a proposé un poste dans son labo/studio monégasque. C’est là que tout a commencé !

2) Nous avons souvent discuté puisque nous sommes voisins… et en général quand on commence on ne peut plus s’arrêter. J’ai notamment découvert que tu as eu la chance d’avoir un parcours technique super intéressant, avec un grand maître. Peux-tu en dire plus et expliquer les influences que cela a pu avoir sur ta pratique actuelle de la photo, alors que les sujets sont différents de ceux que tu traitais à l’époque ?

C’est vrai que lorsqu’on commence… on cause 😉
En arrivant à Monaco, j’ai commencé par me faire la main sur la piste du grand prix de F1…waouh !!. Ensuite je me suis rendu compte que nous avions Helmut Newton comme client…rewhaouh !!!

C’est là que j’ai commencé à le croiser régulièrement. Après la fin de mon contrat et un passage éclair dans une agence de presse people, Helmut m’a recontacté en 2000 pour me proposer un poste d’assistant… poste que je n’ai pas pu refuser et que j’ai occupé jusqu’à son décès en 2004.

Camera
iPhone 6
Focal Length
4.15mm
Aperture
f/2.2
Exposure
1/20s
ISO
250
Camera
iPhone 6
Focal Length
4.15mm
Aperture
f/2.2
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1/20s
ISO
250
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iPhone 6
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4.15mm
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f/2.2
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iPhone 6
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4.15mm
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f/2.2
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iPhone 6
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4.15mm
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f/2.2
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1/20s
ISO
250
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iPhone 6
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4.15mm
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f/2.2
Exposure
1/20s
ISO
250

J’avais déjà un gros bagage technique entre le labo et le studio et c’est d’ailleurs pour cela qu’il m’a choisi car il n’était pas fan de tout ça et préférait se concentrer sur le côté artistique. Et là, j’ai vécu 4 années extraordinaires tant au niveau des rencontres que de l’expérience que j’ai pu acquérir.

Travailler avec Helmut m’a appris la rigueur, le perfectionnisme, utiliser des outils simples pour se concentrer sur la création, l’art du N&B et de ne jamais baisser les bras lorsque les conditions de prises de vues ne sont pas celles que l’on attend. Comme j’étais freelance avec une solide expérience, j’ai eu l’occasion de travailler ponctuellement avec d’autres grands noms de la photographie comme : Peter Lindbergh, Andrew Macpherson, Larry Fink, Jean Daniel Lorieux et Sylvie Lancrenon.

Ce n’est pas évident de mettre des mots et résumer cette période…c’était dingue !!

3) Aujourd’hui tu vis de la photo, même si ce n’est pas simple tous les jours. Quels furent les choix opérés pour cela ?

Après cette période dans la mode, je me suis concentré sur le reportage (institutionnel, presse, scientifique), le corporate et l’architecture. Mais avec les débuts du numérique, le marché est devenu de plus en plus tendu, les tarifs de plus en plus bas et une période de doute s’est installée…
C’est à ce moment là que ma femme et moi avons décidé de quitter la Côte d’Azur pour venir nous installer au Pays Basque et tout recommencer à zéro, comme ça, sur un coup de tête. Je suis aussi un peu revenu à mes racines, car mon grand père est né à côté de Saint Jean-Pied-de-Port.

Comme nous habitons dans une région magnifique, c’est tout naturellement que j’ai commencé à la photographier et que l’idée d’éditer mes images pour la décoration a commencé à faire son petit bout de chemin. Aujourd’hui, je maîtrise toute la chaîne de production (réalisation, édition et distribution) de mes images et continue de m’y investir avec passion !

4) Au-delà de cette pratique quotidienne, tu m’as parlé d’une envie précise, en quelque sorte une plongée vers le “tout petit”… Tu nous en dis plus? Surtout que cette envie t’amènerait à réaliser d’autres rêves en parallèle.

C’est vrai qu’avec le temps qui passe, j’ai envie de renouer avec la macrophotographie, pour le plaisir. L’univers du « tout petit » est passionnant, irréel, délirant et l’envie d’y revenir est de plus en plus forte.

Comme je suis accro à l’océan, j’aimerais me concentrer sur son mini-univers : le plancton. Pas dans un souci de recherches scientifiques, juste un pur délire de photographe.

Pour l’instant, je tâtonne, je cherche une lumière, un fil conducteur, une âme. Le sujet est immense, assez technique dans son approche et sa réalisation. La majorité des animaux et des plantes qui composent le planton sont transparents, fragiles, difficiles à observer, mais d’une diversité incroyable !

Ça me rappelle une sculpture en plexiglass que nous devions photographier au studio…pas de couleurs, plate, seulement les bords de coupes pour faire ressortir l’oeuvre et surtout pas de reflets pour éviter de la dénaturer…le tout en argentique à la chambre 4×5 inches. C’était une chouette séance !
Là c’est à peu près la même chose, mais avec des sujets de quelques millimètres qui bougent dans l’eau !!


Cette envie m’amène à rêver d’un bateau (petit) qui me fera vivre l’océan, profiter de ces plaisirs simples comme la pêche, faire de nouvelles images…
Un nouveau chapitre.

5) Quel est le plus gros obstacle que tu vois entre toi et la réalisation de cette envie ? Et comment passer au-dessus ?

En fait, le seul obstacle qui m’empêche de plonger, c’est de trouver assez de temps pour m’en imprégner.
Mais le temps, ça se trouve et je vais le trouver !

6) Poussons à présent le jeu un peu plus loin : dans ton rêve le plus fou, que devient ta pratique photographique ??

Recommencer à caler quelques voyages dans mon emploi du temps.
Faire un panoramique sur la Lune ou Mars… oups je suis parti un peu loin!
Plus sérieusement, je verrais bien le matériel continuer à être de plus en plus compact tout en gardant une qualité au top. Je crois que les fabricants sont sur la bonne voie et j’essaie de suivre les évolutions. Mon dos les remerciera.
Passer moins de temps devant mon ordinateur et plus de temps à faire des images !!!

Finalement, mon rêve le plus fou, c’est de vivre de ma passion en toute liberté.

© Olivier DIGOIT – Octobre 2017
http://www.ovia-images.com
http://www.agencealbatros.com
http://www.albatroscollection.com

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