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« Dans le secret d’une photo », de Roger GRENIER

Bonjour,

Parmi mes lectures d’été figurait également l’ouvrage « Dans le secret d’une photo », de Roger GRENIER.

Écrivain et journaliste, Henri GRENIER était donc surtout un homme d’écrit. Et pourtant, le récit qu’il fit de sa vie est ponctué de passion et de références à la photo.

Au départ il fut journaliste de l’écrit, à l’époque où « des règles déontologiques » lui interdisaient alors de s’occuper de la photo. Et dire qu’aujourd’hui on demande aux journalistes de savoir tout faire : le texte, les photos et si possible la vidéo et son montage, etc….

Il parcourt donc l’Histoire, et croise nombre de personnalités du monde de la photo, qu’il évoque donc dans son récit. Et l’on pourrait tronçonner sa vie au fil des appareils qu’il a possédés, et qui sont liés à des rencontres ou à des événements précis qu’il décrit avec humour.

Le texte d’accroche de l’ouvrage, sur le revers de la 1ère de couverture, est le suivant, et donne bien le ton du contenu :

« Si j’ouvre mes vieux albums, les compagnons d’autrefois, la plupart disparus, me regardent. C’est un plaisir un peu triste et puis, d’autres jours, un face-à-face avec le néant. Certains, certaines étaient jeunes et séduisants, vraiment beaux. Ils n’auront jamais été vieux. Au bout d’un moment, il est intolérable de se dire qu’ils sont dans une tombe, ou réduits en cendres. Je referme l’album.
Devant ces photos d’autrefois, j’ai l’impression que le présent est un pays étranger. J’y vis en exil. »

Et l’on comprend, à l’évocation des épisodes mettant en scène les rencontres de sa vie, célèbres ou anonymes, ce qui l’amène à affirmer :

« Parmi tous les miroirs de l’Homme, la photo est celui qui ment le moins. »

Il établit des ponts entre les disciplines artistiques, également. Évoque les écrivains qui se sont essayés avec plus ou moins de succès ou de passion à la photo, mais aussi les photographes qui ont tâté d’autres disciplines artistiques.

Tout cela présenté sous forme réellement vivante, au point que je l’ai dévoré comme je l’aurais fait d’un roman. Il relaie aussi quelques belles descriptions de la Photographie dont celle, connue mais que je ne résiste pas au plaisir de produire, venant de Nadar :

« La théorie photographique s’apprend en une heure ; les premières notions pratiques en une journée. Ce qui ne s’apprend pas, c’est le sentiment de la lumière, c’est l’appréciation artistique des effets produits par les jours divers et combinés… Ce qui s’apprend encore beaucoup moins, c’est l’intelligence morale de votre sujet, c’est le tact rapide qui vous met en communion avec le modèle… et vous permet de donner, non pas brutalement et au hasard une indifférente reproduction plastique à la portée du dernier servant de laboratoire, mais la ressemblance la plus familière et la plus favorable, la ressemblance intime. » (Nadar)

Et pour finir, voici une phrase avec laquelle je suis parfaitement d’accord :

« Je crois bien que nous sommes une minorité à ne pas enfouir nos photos dans une boîte, genre boîte à chaussures. Je compose des albums. Coller des photos sur un album, c’est une forme de l’autobiographie. /…/ Car une photo, c’est d’abord un souvenir personnel.  » (Roger GRENIER, « Dans le secret d’une photo », p.125).

Et oui… moi aussi je fais des albums (même s’ils portent aujourd’hui le nom de « livres photos »). Ce ne sont pas les prestataires qui manquent. Et ma vie familiale, agrémentée de certaines de mes photos faites à titre professionnel, sera un héritage pour mes enfants.

Au final, donc, un livre que je vous recommande vivement. Une belle pierre à l’édifice de la culture photographique.

Bonne lecture à tous !

Joëlle

 

 

 

 

 

 

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