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« Exodes » et « Children » de Sebastião Salgado

Bonjour à tous,

Au programme d’aujourd’hui : lecture dans le jardin !! Il fallait bien ça après une semaine très chargée, pour me poser un peu et recharger les batteries.

Et parmi les lectures, deux livres photos qui se lisent utilement ensemble : « Exodes » et « Children », de l’incontournable Sebastião Salgado.

« Exodes » – Édition 2000

Je précise l’année de l’édition, car le livre a, apparemment, été réédité en 2016 dans une version peut-être un peu différente.

Pendant de longues années, le photographes a réalisé un travail de fond sur les peuples déplacés, exilés, réfugiés.

Il en ressort un livre forcément bouleversant. L’ouvrage est divisé en 4 chapitres :

I. Émigrants et réfugiés : l’instinct de survie
II. La tragédie africaine : un continent à la dérive
III. Amérique latine : exode rural, désordres urbains
IV. Asie : un nouveau visage urbain

Après une quinzaine de pages de texte introductif, la place est ensuite laissée aux photos. 400 pages où nous en prenons bien sûr plein la vue, sur des sujets graves et tragiques, mais toujours avec dignité.

L’éditeur a veillé (merci à lui !) à prévoir un cahier distinct avec les explications, parfois longues, sur chacune des photos. Nettement plus simple que de faire des allers-retours avec la fin de l’ouvrage. On peut donc ouvrir les deux en parallèle, le livre d’un côté, le cahier de l’autre, pour en savoir plus sur le contexte humain et humanitaire dans lequel les personnes se trouvaient au moment où les photos ont été prises.

Une lecture pour faire réfléchir, remettre les choses en perspective, mieux comprendre aussi certaines situations géopolitiques (les explications contenues dans le cahier sont très claires et donc très instructives).

À lire !!

« Children » – Éditions multilingue Taschen

Ce livre a également été publié sous le titre « Enfants de l’exode », ce qui le rattachait ainsi plus explicitement au premier.

Dans l’édition publiée chez Taschen en trois langues (Anglais, Allemand et Français), le titre est donc juste « Children »

Dans la préface, le photographe explique qu’il n’avait à l’origine pas l’intention de publier ces photos prises pendant les années où il préparait le livre « Exodes ».

Frappé par la vie qui se dégageait de ces enfants pourtant traumatisés, par les rires, les jeux, et l’intérêt manifesté pour son appareil photo, il a fini par adopter une conduite unique : il expliquait aux enfants qu’il allait s’asseoir à un endroit, et que ceux d’entre eux qui souhaitaient être photographiés pouvaient se présenter.

À son retour, au moment d’examiner les photos, il était ensuite frappé par leur intensité :

« Ces enfants, qui riaient et criaient à peine quelques secondes plus tôt, étaient devenus soudain sérieux. La foule bruyante s’était transformée en individus. Chacun à travers ses vêtements, sa pose, son expression et son regard, m’avait raconté son histoire avec une franchise et une dignité désarmantes. Surtout, leurs yeux étaient comme des fenêtres ouvertes sur leurs âmes. Et, à travers elles, la tristesse et la souffrance vécues au cours de leurs brèves existences apparaissaient d’une façon poignante. » (Salgado, préface de « Children », Ed. Taschen 2016, p. 11).

L’ouvrage contient 90 portraits sur fond blanc, sans légendes (celles-ci sont regroupées en fin d’ouvrage). Des enfants, on ne connaît bien sûr pas le nom, les légendes se limitent à l’indication du lieu dans lequel la photo a été prise, de l’origine ethnique des enfants et de l’année de la photo.

Même si l’on imagine qu’il était impossible d’en savoir plus sur chaque enfant, la photo crée assez de proximité pour qu’on ait envie d’en savoir un peu plus. Et c’est là, justement, que la lecture parallèle avec « Exodes » se justifie le mieux.

Un ouvrage magnifique donc. « Journalistiquement » un peu moins prenant, mais qui complète parfaitement « Exodes ».

Du  même auteur : « De ma terre à la Terre »

Je vous suggère aussi – peut-être même avant tous les autres – l’autobiographie que le photographe avait publiée sous le titre « De ma terre à la Terre », et dont j’avais parlé déjà dans ce blog : ICI.

Et bien entendu aussi « Genesis » (je l’ai lu également, mais c’était avant de commencer à chroniquer mes lectures photo, donc pas d’article dans ce blog à son sujet – c’est toutefois une merveille).

À très bientôt pour de nouvelles lectures.

Joëlle

2 commentaires sur cet article

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